FIFA
lundi 29 juin 2026, 15:00

Quand les tribunes parlent le même langage

  • Le row norvégien et le clapping français illustrent deux traditions devenues incontournables dans les tribunes

  • À Foxboro, les supporters des deux pays ont partagé un moment de communion avant le match

  • Plus qu'une rivalité, les tribunes célèbrent une passion commune pour le football

Le geste est mécanique. Le chant universel. Les images planétaires. Au son d'un tambour, les supporters norvégiens balancent les bras d'avant en arrière, comme s'ils ramaient à bord d'un drakkar. En cadence, ils scandent « Ro ! » (« rame ! » en norvégien). À l'unisson, des milliers de supporters donnent l'impression qu'un drakkar fend les tribunes.. Il symbolise une idée simple : tous rament dans la même direction pour porter leur équipe vers la victoire.

C'est ainsi que les supporters norvégiens se sont imposés comme l'une des grandes attractions de cette phase de groupes de la Coupe du Monde de la FIFA 2026™, tandis que leurs protégés voguaient jusqu’à la phase à élimination directe. Aujourd’hui, ce n’est plus seulement au stade qu’on rame, mais dans les écoles, au Parlement norvégien, dans les jardins publics… et même à Times Square. Le row est devenu bien plus qu'un chant. Un phénomène.

« C'est tellement agréable de voir les gens se rassembler et ramer ensemble. Cela crée une véritable unité entre eux. Le phénomène va bien au-delà de tout ce que j'aurais pu imaginer. C'est tout simplement incroyable », raconte Ole Frøystad, alias Mr Row.Row, inventeur de ce chant devenu iconique en seulement quelques mois.

« Entendre le « row » résonner dans les rues de New York, c’était complètement fou. C'est l'un des plus grands moments de ma vie », poursuit-il. « Mais le row » à la fin du match face au Sénégal réalisé en parfaite synchronisation avec les joueurs de l'équipe de Norvège a aussi été un moment fort. J'ai failli pleurer. C'était magnifique. »

« Ce row est pour l'équipe. Elle a besoin de nous, de nos encouragements et de nos chants tout au long du match. Peu importe que l'on soit en train de gagner ou de perdre, nous serons toujours derrière elle, en donnant de la voix et en ramant pendant toute la rencontre, quoi qu'il arrive », explique-t-il.

Ce row est sans doute l'une des meilleures illustrations de la bonne humeur, du respect,  et de la fraternité qui ont régné dans les seize stades de cette Coupe du Monde de la FIFA 2026. Les stades et les Fans Festivals ont fait le plein, la fête y a été belle, et les rivalités sont restées cantonnées au terrain.

« Aujourd’hui, les relations entre les supporters de chaque pays sont très bonnes. On n’a peut-être pas le même maillot mais on a la même passion » confirme Hervé Mougin, président des Irrésistibles Français, principal groupe de supporters de l’équipe France, et fair-play par rapport au row norvégien : « Ce côté collectif et unificateur est intéressant. C'est vraiment sympa à voir. Je ne peux qu’applaudir. »

Cela tombe bien, c’est l’une des spécificités des fans français. Eux ont aussi envahi Times Square à New York et ont fait résonner leur clapping, qui fonctionne sur le même rythme que le row norvégien. «  Beaucoup pensent que nous nous sommes inspirés des Islandais, dont c’était également la marque de fabrique lors de l’UEFA EURO 2016 organisé en France. Mais ce n’est pas vrai. Enormément de clubs français l’utilisaient bien avant. C’est d’eux que nous l’avons repris. C’est quelque chose qui représentait bien le supportisme ‘à la française’, on l’a donc généralisé à l’équipe de France. »

Avant la rencontre France-Norvège, un row norvégien suivi d’un clapping français a d’ailleurs été organisé à quelques minutes avant le coup d’envoi, pour le plus grand bonheur des plus de 60 000 spectateurs présents. « La compétition existe sur le rectangle vert, mais je ne pense vraiment pas qu’elle ait lieu dans les tribunes. Chacun se cantonne à supporter son équipe. L’objectif n’est pas de faire mieux que l’autre, juste de jouer son rôle de 12e homme », ajoute Hervé Mougin.

En réalité, il y a bien eu deux matches ce 26 juin à Boston. Le premier a été remporté 4-1 par les joueurs français, qui se sont emparés de la première place du groupe I de la Coupe du Monde de la FIFA 2026™. Le second, sans arbitre ni vainqueur, s'est joué dans les tribunes. Il s'est achevé sur un match nul entre deux groupes de supporters venus célébrer le football.