FIFA
samedi 18 juillet 2026, 21:00

Wenger : le format à 48 équipes est « un grand succès »

  • Arsène Wenger, directeur du Développement du football mondial de la FIFA, estime que l’écart diminue entre les grandes nations du football et le reste du monde

  • Le nombre de buts marqués depuis l’extérieur de la surface de réparation a été multiplié par deux par rapport à Qatar 2022

  • La finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2026™ opposera une Argentine tenace à une Espagne reine de la possession

La première édition de la Coupe du Monde de la FIFA à 48 équipes a proposé des matches extrêmement serrés et des scénarios à couper le souffle. Preuve, selon Arsène Wenger, directeur du Développement du football mondial de la FIFA, que les soupçons autour d'un risque de dilution de la qualité étaient infondés.

S’exprimant à l'occasion d'une conférence de presse du Groupe d’étude technique (GET) de la FIFA, M. Wenger a estimé que le changement de format était un succès.

« Notre décision a été remise en question d’emblée. On a jugé qu'il était important, sur un plan éthique, de donner à toutes les équipes ou, en tout cas, à un plus grand nombre d'équipes une chance de jouer au plus haut niveau. Mon impression d’ensemble est aujourd'hui que nous avons pris la bonne décision et que c’est un grand succès », a déclaré l’Alsacien.

FIFA Technical Study Group at New York New Jersey Stadium

« J’ai entendu des commentaires tels que ‘les nouveaux pays ne sont pas à la hauteur’ et la réponse apportée sur le terrain a été claire. Non seulement ils ont prouvé qu’ils étaient à la hauteur mais, en plus, ils ont offert plusieurs grands matches. Tout le monde pense au Cap-Vert, bien évidemment, mais il y a eu aussi plusieurs autres pays », a souligné M. Wenger, considérant que la réduction de cet écart tient autant à la meilleure qualité des entraîneurs qu'à l’apport de certaines améliorations techniques.

Michael O’Neill, sélectionneur d’Irlande du Nord et membre du TSG, a livré une évaluation sans équivoque. « Je dois avouer que je n’ai pas constaté de baisse de la qualité », a-t-il dit. « S’il y a eu évolution, c’est à la hausse. En outre, cela donne une chance à des nations plus modestes, ce qui me semble essentiel au développement du football dans ces territoires. »

FIFA Technical Study Group at New York New Jersey Stadium

Pour Jürgen Klinsmann, ancien sélectionneur de l’Allemagne et des États-Unis, vainqueur de la Coupe du Monde lors d’Italie 1990, certaines puissances traditionnelles se sont arrêtées très tôt tandis que des pays moins réputés ont créé la surprise.

« Des géants comme l’Allemagne, les Pays-Bas et le Brésil ont chuté plus rapidement qu'on ne le prévoyait », a-t-il indiqué, avant de citer le Cap-Vert, la RD Congo, la Suisse et la Norvège parmi les bons élèves.

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L’ancien international argentin Pablo Zabaleta a vu dans le match nul décroché par les débutants curaciens contre l’Équateur un symbole de l’élargissement réussi de la compétition.

« Sur un plan personnel, j’ai trouvé ce résultat vraiment incroyable. Le gardien, Eloy Room, a réussi des arrêts de grande classe lors de ce match et ils ont vécu des moments inoubliables. Au pays, leurs compatriotes ont pu vibrer aussi. »

« C’est l'une des conséquences directes du passage à 48 équipes. Chacun peut vivre son quart d’heure de gloire. Bref, cette Coupe du Monde a été très positive », s’est-il réjoui.

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Les données de performance recueillies par le GET pendant la compétition ont révélé plusieurs tendances fortes. Il y a notamment la montée en puissance de la frappe longue distance. Si la proportion des frappes depuis l’extérieur de la surface est comparable à celle enregistrée à Qatar 2022, le nombre de buts inscrits de loin a été multiplié par deux, passant de 8 % à 16 %.

Pour Klinsmann, cela tient essentiellement à l’approche très prudente adoptée par certains sélectionneurs. « Nombre de techniciens un peu frileux ont proposé un bloc bas », a-t-il relevé. « Il y a eu davantage de buts marqués depuis l’extérieur de la surface, à une vingtaine de mètres, et par des joueurs différents, ce qui complique la tâche du gardien. »

Autre nouveauté relevée au cours de cet été nord-américain : la tendance croissante des gardiens à dégager du poing plutôt que de chercher à bloquer les frappes. Ce choix a été fait notamment sur les centres, les coups francs et les corners.

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Pour Pascal Zuberbühler, ancien gardien de l’équipe de Suisse et responsable du GET, si les gardiens boxent volontiers les ballons aériens, c’est parce qu’ils jugent ce geste plus sûr.

« À mon époque, on cherchait à capter la balle sur les sorties aériennes. Lors de cette Coupe du monde, les gardiens ont plutôt cherché à boxer, à une ou à deux mains, ce que je trouve très positif », a-t-il estimé.

Désormais, toute l’attention se tourne vers la grande finale de dimanche, opposant l’Argentine à l’Espagne. Le GET a considéré à l’unanimité que ce match met aux prises deux équipes aux cultures footballistiques très différentes.

« D’un côté, une rage de vaincre très sud-américaine associée, bien sûr, à une qualité technique hors du commun, mises au service d’un joueur d’exception. De l’autre, un plan de jeu huilé où chaque geste technique est exécuté dans un but précis. »

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O’Neill s’attend également à un duel de haute volée entre deux équipes aux arguments différents. « Je suis impatient de suivre ce match qui oppose deux philosophies de jeu contrastées. L’Espagne a cherché à contrôler les débats. Elle n’a encaissé qu'un but et a marqué deux fois dans les instants décisifs. Côté argentin, on a été mis à l’épreuve pratiquement à chaque match, comme en témoignent notamment les deux succès arrachés en prolongation. Ils ont marqué deux fois en toute fin de match et les remplaçants ont souvent joué un rôle clé dans ces victoires.

« Messi a offert des gestes magiques qui indiquent parfois une grande dépendance de l’Argentine dans les moments charnière. Il me semble très compliqué de désigner un favori. Je peux juste vous dire que cette finale oppose deux très grandes équipes. »