L’un des prénoms de Tahith Chong est « Djorkaef », en hommage au champion du monde 1998
Seul joueur du groupe curacien pour la Coupe du Monde de la FIFA 2026™ à être né sur l’île, Chong a captivé le monde entier par ses origines (et sa coupe de cheveux)
Plus petite nation à s’être jamais qualifiée pour la Coupe du Monde de la FIFA™, Curaçao a été éliminée en phase de groupes après avoir marqué son premier but et décroché son premier point
Seul membre de l’équipe de Curaçao pour la Coupe du Monde de la FIFA 2026™ à être né dans le petit État autonome des Antilles, le milieu de terrain Tahith Chong (de son nom complet Tahith Jose Girigorio Djorkaef Chong) a séduit le monde entier de par sa personnalité qui incarne la diversité, l’ampleur et l’héritage du football mondial.
Né dans la capitale Willemstad, Chong est l’arrière-petit-fils d’un immigrant chinois arrivé dans les années 1940. Durant son enfance, Chong a déménagé aux Pays-Bas, a été formé à Feyenoord et à Manchester United, et a représenté les Oranje dans les sélections de jeunes, des U-15 aux U-21. Devenu professionnel, il a joué en Angleterre, en Allemagne et en Belgique.
Côté look, direction la Colombie avec une coupe de cheveux qui a suscité bien des comparaisons avec Carlos Valderrama. Et pour l'état civil, Chong a même un petit côté français ! De nombreux pays ont donc de quoi se retrouver dans ce personnage.
« C’est évident, mon père est un grand fan de foot. Il aimait beaucoup (Youri) Djorkaeff, c’est de là que vient ce prénom », explique-t-il.
Après avoir contribué à faire de Curaçao le plus petit pays, par la superficie et la population, à se qualifier pour une Coupe du Monde, Chong y a joué les trois matchs de la phase de groupes en tant que titulaire, puis « bouclé la boucle » en y rencontrant... son homonyme.
À Philadelphie, juste après la défaite de Curaçao face à la Côte d’Ivoire (2-0) dans le groupe E, Tahith Chong et Youri Djorkaeff, conseiller football senior de la FIFA, ont partagé un moment singulier. En effet, le champion du monde 1998 a remis à Chong un maillot floqué du nom qu’ils partagent. Un moment rendu possible grâce à l’exposition mondiale et au pouvoir fédérateur de la Coupe du Monde de la FIFA™.
« C’est une rencontre incroyable. Je vous remercie de l’avoir rendue possible. S’il a vu ça, mon père est sûrement encore en train de sauter de joie. C’est un tel honneur de le rencontrer », a déclaré Chong, qui a décidé en 2025 de représenter Curaçao en sélection. « Je crois que mon père n’a pas fini d’en parler. À la maison, il n’arrêtait pas de nous dire à quel point c’était un joueur formidable. C’est un geste qui me touche beaucoup. »
Mais tout le plaisir est pour Youri Djorkaeff.
« J’ai apporté ce maillot avec l’intention de lui en faire cadeau. Il a voulu bien jouer et profiter du moment, donc j’ai vu beaucoup de Djorkaeff chez lui », a déclaré l’ancien milieu offensif de Monaco et de l’Inter Milan.
« J’adorerais avoir son pied gauche ! C’est un tel honneur pour moi. Rencontrer un joueur dont l’un des prénoms est mon propre nom parce que son père m’aimait bien, ce n’est pas rien ! En plus, il a super bien joué, comme toute son équipe. »
Bien qu’éliminée après deux défaites et un match nul, Curaçao, pour sa première Coupe du Monde de la FIFA, a été bien plus qu’une simple curiosité. À Houston, elle a longtemps tenu tête à la puissante Allemagne en égalisant en première période sur une frappe exceptionnelle de Livano Comenencia. La « Vague Bleue » a ensuite décroché son premier point en Coupe du Monde en tenant en échec l’Équateur à Kansas City (0-0), grâce aux prouesses remarquables de son gardien Eloy Room.
« L'équipe de Curaçao m’a vraiment surpris. C’était le plus petit pays à avoir jamais participé à une Coupe du Monde, mais quelle équipe ! », a déclaré Youri Djorkaeff après la rencontre de Philadelphie.
« Ce qui me plaît beaucoup, c’est la qualité technique de tous ces joueurs. C’est quelque chose qui nous manque un peu en Europe. On est trop prévisibles. Ils manient vraiment bien le ballon, et on a vu un très beau match », a-t-il poursuivi. « Tout le monde a appris quelque chose dans cette compétition, et cela confirme ce qui est propre au football, ou au soccer, peu importe le nom qu’on donne à notre sport. C’est que tout peut arriver. Vraiment tout. Quand on y croit très fort, on peut, un jour, jouer la Coupe du Monde. »
C’est certainement ce genre de « French flair » qui a inspiré le père de Tahith Chong.
« Il me semble que mon père m’a montré plein de vidéos. Comme je l’ai dit, c’était un grand fan et j’ai donc grandi en regardant des passages de ses grands matchs », a-t-il déclaré au sujet de Youri Djorkaeff.
C’est désormais au tour d’une génération de jeunes joueurs de Curaçao de grandir en s’inspirant de l’épopée de Chong et de ses valeureux coéquipiers.